DPE

Passoires thermiques : calendrier d'interdiction de location 2025-2034

· par Rédaction

Vieille fenêtre simple vitrage avec rebord en bois usé, condensation visible
Une fenêtre simple vitrage : signature thermique typique d'une passoire énergétique.

La loi Climat et Résilience interdit progressivement la mise en location des logements les plus énergivores. Janvier 2025 marque la première grande échéance pour les classes G. Voici le calendrier précis, les sanctions prévues, et les exceptions qui peuvent s'appliquer.

Adoptée le 22 août 2021, la loi Climat et Résilience a fixé un calendrier d'interdiction progressive de la mise en location pour les logements les plus énergivores, communément appelés passoires thermiques. Le mécanisme s'appuie sur la classe DPE du logement (selon la nouvelle méthode 2021) et concerne uniquement la mise en location, pas la vente ni l'occupation par le propriétaire.

Le calendrier en détail

Calendrier loi Climat et Résilience. Source : article L173-2 du Code de la construction et de l'habitation.
DateLogements concernésEffet
1er janvier 2023Tous F et GGel des loyers à la relocation et au renouvellement
1er janvier 2025Classe G (consommation > 420 kWh/m²/an)Interdiction de nouvelle mise en location
1er janvier 2028Classe F (331-420 kWh/m²/an)Interdiction de nouvelle mise en location
1er janvier 2034Classe E (251-330 kWh/m²/an)Interdiction de nouvelle mise en location

Ce que signifie concrètement "interdiction"

Le terme "interdiction" mérite d'être précisé. La loi définit le logement comme "décent" si sa consommation est en dessous d'un seuil. Un logement qui dépasse ce seuil n'est plus considéré comme décent au sens de l'article 6 de la loi du 6 juillet 1989, et le bailleur ne peut plus exiger le paiement du loyer si le locataire conteste.

  1. Les baux en cours ne sont pas automatiquement résiliés. Le locataire reste dans le logement.
  2. Le locataire peut saisir le juge pour exiger des travaux de mise en conformité (et obtenir une suspension de loyer pendant les travaux).
  3. Le bailleur ne peut pas mettre le logement en location à un nouveau locataire (interdiction de mise en location) après la date butoir.
  4. Le bailleur ne peut pas augmenter le loyer du locataire en place, ni à la relocation ni au renouvellement (gel depuis 2023).
  5. Le locataire ne peut pas être expulsé au seul motif que le logement est devenu indécent.

Les exceptions prévues par la loi

Le législateur a prévu plusieurs cas d'exception, principalement pour éviter d'imposer des travaux impossibles ou disproportionnés.

Combien de logements concernés ?

Selon les chiffres publiés par l'observatoire de l'ADEME en 2023, le parc résidentiel français comptait environ 5,2 millions de passoires thermiques (classes F et G), soit près de 17 % du parc total. Sur ce volume, environ 1,5 million de logements sont mis en location dans le secteur privé. Ce sont principalement des biens construits avant 1948, situés dans des zones rurales ou des centres-villes anciens.

Estimations ADEME 2023. Le chiffrage exact varie selon les sources.
Classe DPENombre de logements (France)Part du parc
F≈ 3,4 millions≈ 11 %
G≈ 1,8 million≈ 6 %
Total F+G≈ 5,2 millions≈ 17 %

Quelles options pour les propriétaires bailleurs concernés ?

Pour un propriétaire dont le logement est classé F ou G et qui souhaite continuer à le louer, plusieurs voies sont possibles.

  1. Engager une rénovation énergétique pour remonter d'au moins une classe (idéalement deux). Coût moyen pour une maison ancienne : 25 000 à 60 000 €. Plusieurs aides publiques existent (MaPrimeRénov', éco-PTZ, CEE).
  2. Demander un audit énergétique pour comprendre précisément les travaux à engager. L'audit énergétique réglementaire est désormais obligatoire pour la vente des passoires thermiques et est une bonne base de réflexion même pour ceux qui ne vendent pas.
  3. Vendre le bien plutôt que de le louer. Le marché des passoires thermiques connaît une décote significative depuis 2023 (autour de 8 à 15 % en moyenne) mais reste actif.
  4. Constituer un dossier d'exception si l'une des situations prévues par la loi s'applique.

Cas particulier : copropriétés

La situation des passoires thermiques en copropriété est particulièrement complexe. Les travaux d'isolation par l'extérieur ou de remplacement de chaudière collective doivent être votés en assemblée générale, à la majorité requise par la loi du 10 juillet 1965. Si l'assemblée refuse les travaux, le copropriétaire bailleur se retrouve dans l'impossibilité matérielle de mettre son logement en conformité.

Pour ces situations, un audit énergétique global de l'immeuble est souvent un préalable indispensable. Le syndic peut le commander pour le compte de la copropriété. Plusieurs cabinets se sont spécialisés dans ce type d'audit collectif. Voir également notre fiche détaillée sur l'audit énergétique réglementaire qui couvre désormais ce type de mission.

Les sanctions en cas de non-respect

Le législateur n'a pas prévu de sanction pénale automatique pour la mise en location d'un logement passoire après la date butoir. Le mécanisme repose sur les recours civils du locataire :

En pratique, le risque pour le bailleur est financier et juridique, plutôt que pénal. La mise en conformité préventive est très souvent moins coûteuse que le contentieux.

Pour aller plus loin

Voir aussi notre article sur le nouveau DPE 2021 pour comprendre comment la classe est désormais calculée, et notre fiche sur l'audit énergétique réglementaire qui détaille les obligations pour la vente des passoires thermiques.

le service public France Rénov'